dimanche 28 janvier 2007

la moto-neige...

Ah, que nous étions impatients de faire du chien de traineau !

Que nous étions fiers tous les quatre, tous français vivant à Montréal, de pouvoir faire découvrir notre beau pays à deux amies françaises de passage. En plus d'être totalement dépaysant, c'était follement romantique...

Mais voilà que le sort s'en est mêlé, par l'entremise d'organisateurs
peu scrupuleux, et chien de traineau s'est transformé en moto-neige.

Qu'à cela ne tienne puisqu'il est toujours question d'une ballade dépaysante dans la nature sauvage en hiver !

Dès la prise de contact avec le guide, le ton est donné. Il s'agit d'un sport dangereux. On nous parle alors de mort, de blessures graves, de secours longs à arriver... Gloups !

Une fois revêtue la tenue de motard (là aussi un signe avant-coureur),

on nous amène à nos quatre bolides, qui attendent sur le trottoir, devant le magasin.

Le briefing est rapide et nous voilà, par équipe de deux, à chevaucher nos engins. En tant que détenteur d'un permis de conduire, je fût, comme à l'accoutumée, désignée comme le chauffeur de Monsieur.

Je suis déjà nerveuse, avec à l'esprit tous les risques encourus et la lourde responsabilité qui pèse sur mes épaules.

Une fraction de seconde suffit alors pour que la panique me submerge. Devant négocier comme entrée en matière un virage à gauche sur le trottoir pour rejoindre le chemin réservé par derrière, j'appuie sur l'accélérateur. Nous voilà propulsés, comme convenu le long de la chaussée, mais n'ayant pas braqué suffisamment, dans une position très très inconfortable. La moto, non contente d'être à cheval entre le trottoir et la chaussée, éjecte Jean-Claude instantanément et brutalement sur la chaussée.

Personne à l'horizon, le reste de la troupe est déjà parti. Soudés, nous recouvrons nos esprits, reprenons seuls le contrôle de l'engin et nous engageons sur le chemin désigné. A peine avons-nous rejoint le groupe, que le départ est donné.

A défaut d'un manteau neigeux suffisant, je dois composer alors avec le verglas, les pierres et les racines. Le chemin étant à double sens, à chaque instant un véhicule identique est susceptible de surgir à l'horizon face à nous. Mais la difficulté du terrain ne m'aide pas du tout à garder la droite...

Pendant l'heure et demie que dure la première ballade, la beauté du paysage, l'odeur de la nature et le plaisir de la conduite m'échappent pour le moins totalement.

Après un déjeuner qui tient bien au corps et des échanges réconfortants entre nous tous, nous reprenons la route.

La conduite se montre alors plaisante pendant un quart d'heure, je reprends du poil de la bête, je me détends enfin.

Mais l'accalmie est malheureusement de courte durée.

Je ne sais pour quelle obscure raison, le guide décide (il ne l'avouera que plus tard), sans nous consulter, de nous engager dans un chemin destiné non aux motos-neige mais aux quads.

Je connais là l'enfer, frolant le renversement à chaque minute, alternant courtes accélérations et freinages, ne maitrisant aucunement la direction du véhicule, bien plus à gauche de la chaussée qu'à droite...

Le renversement se produit enfin, heureusement à très faible vitesse et dans une profonde couche de neige. Ma bonne humeur ne m'a pourtant pas quittée et je rigole de notre sort. Jean-Claude est stoïque.

Je décide néammoins de laisser le guidon à un autre, de me faire porter pâle et de continuer le chemin comme passager.

Je peux alors mieux profiter de la beauté du paysage, qui se pare de tons or au moment du coucher de soleil.

Mais l'odeur de la nature nous reste ce jour-là totalement étrangère tant l'odeur des effluves d'essence couvre toutes les autres.

Après trois heures de ballade dans l'après-midi, frigorifiés, nous revenons sans dommages au point de départ.

Mais on ne nous y reprendra pas, à ce truc de motards !